Île-de-France, Vagabondage

Le Félipé

Nous étions présentes pour le 15e Festival du livre et de la presse d’écologie qui se tenait les 25 et 26 novembre au 100ecs, à Paris.

logo-felipe_w-300x260Depuis 2003, l’association du Festival du livre et de la presse d’écologie (Félipé) organise chaque année un événement afin de sensibiliser le grand public aux problématiques sociales, écologiques et à l’interaction entre les êtres vivants.

 

Une table bonne à manger et à penser

Cette année, le festival était placé sous le thème des « nourritures écologiques » : besoin vital et primaire, se nourrir ne signifie pas seulement « manger », mais englobe tout un savoir-être, des normes sociales, des valeurs et des connaissances.

Durant deux jours, autour d’un salon du livre dont la finesse et l’exhaustivité mérite d’être soulignée, étaient présents des éditeurs tels que Le passager clandestin, Sextant mais également un très belle découverte, les éditions Bluedot qui propose des ouvrages de jeunesse bilingues autour des problématiques environnementales ; des associations (Zero Waste, France Nature Environnement, Slowfood) ou encore des organes de presse spécialisée – saluons la présence de La Gueule ouverte, journal écologiste et politique fondé en 1972 par Pierre Fournier, journaliste à Charlie Hebdo, dont la parution reprend 44 ans après, avec moult articles de fond et des illustrations magnifiques.

Retrouver une intelligence agronomique

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Les nombreuses conférences qui se sont déroulées durant ce festival se rejoignaient toutes en un point central et indispensable : il faut repenser notre modèle alimentaire – pas seulement ce que l’on a dans l’assiette, mais le système global, du producteur au consommateur. Claude Gruffat, président de la coopérative Biocoop et auteur de l’ouvrage Les dessous de l’alimentation bio (chronique à venir), insistait sur l’aspect éminemment politique de l’alimentation : l’agriculture biologique implique un autre modèle de société, aussi bien au niveau entrepreneurial (promotion des entreprises coopératives comme les SCOP ou les SCIC), mais également au niveau de l’équilibre entre producteur et consommateur (pratiques équitables du commerce agricole).

Manger, une histoire collective et sociale

Face à une industrialisation croissante de la production alimentaire et à la pression subie par des terres cultivables menacées de bétonisation (par exemple, le projet Europacity dans le triangle de Gonesse), la question centrale est la suivante : qu’est-ce que manger veut dire ? L’historien et politologue Paul Ariès, présent pour son ouvrage passionnant Une histoire politique de l’alimentation (chronique à venir), nous rappelle l’importance symbolique et sociale de la table et les blocages encore présents dans la société concernant l’alimentation carnée : selon lui, les résistances au végétarisme ou au véganisme tiennent en partie à une sorte de mémoire archaïque de la privation de viande lorsque celle-ci n’était réservée, par des interdits religieux et sociaux, qu’aux puissants et aux riches. Une solution ? Redonner une importance sociale à la table : cela passe, selon lui, par une « gratuité du bon usage » en rendant la cantine gratuite dans les écoles, ou encore par une relocalisation et une « ressaisonalisation » de l’aliment. On y revient alors : il faudrait imaginer la table non pas comme une chose, mais comme une globalité.

Les futurs écologiques

L’imaginaire, ne serait-ce pas là le meilleur moyen d’explorer des futurs possibles ? Laurent Genefort, Yves Frémion et Bruno Pochesci, tous trois auteurs de science-fiction, ont rappelé le lien très fort entre écologie et science-fiction : en traitant la technique comme une partie de la biosphère, la science-fiction a joué un rôle important dans la problématisation de questions écologiques dès les années 1950. Et Yves Frémion d’insister sur le fait que le point commun entre écologie et science-fiction reste l’imaginaire :

« Lorsque l’on s’empare de l’écologie, il faut la penser comme un tout, dans sa globalité. »

La science-fiction permet ainsi de resituer l’humain, d’opérer un décentrement afin de le faire réfléchir à sa propre finitude : ok, c’est peut-être un peu déprimant, mais n’est-ce pas là l’option la plus poétique que nous avons – replacer l’imaginaire au centre des réflexions écologiques ?

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Notre panier de lectures

On en a profité pour faire le plein d’ouvrages sur ce salon, leurs chroniques seront très bientôt disponibles !

Pour en savoir plus :
Le blog de l’association du Félipé.

 

2 réflexions au sujet de “Le Félipé”

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