En-lis-tu-en-voilà

Retour à l’état sauvage

Avec Sauvage ou la sagesse des pierres, Thomas Gilbert s’embarque dans un monde onirique où son personnage recherche sa place dans le monde. Vaste projet. 

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Un couple de Parisiens s’enfonce dans une forêt. Après en avoir atteint les sommets, il se perd dans ses sous-bois. Une averse les surprend, puis vient l’orage. Le tonnerre lui est fatal. Lui meurt frappé par la foudre. Elle doit retrouver une place, hors de son couple, hors de la société, dans un univers acculturé.

Euh au fait, c’est quoi l’état sauvage ? 

Pas facile de répondre à cette question quand, hypnotisés par nos écrans, vigilants à chacune des alertes de notre téléphone, notre boîte mail… nous sommes de moins en moins à l’écoute de ce qui nous rapproche le plus de la nature, nos sens. C’est en tout cas ce que nous dit Thomas Gilbert. On ne peut pas néanmoins accuser l’auteur de faire une ode romantique à la nature. Loin de là. Grandiose, il nous la présente aussi dans toute son âpreté.

Il détermine quatre règnes, humain, animal, végétal, minéral, et les fait vivre successivement par son héroïne, abandonnée à elle-même dans une forêt inconnue qui semble sans limite. On ne connaitra pas le prénom de la jeune femme, peu de choses de son passé. Elle est une représentante du genre humain, un élément du monde. En effet, pour Thomas Gilbert : « on fait partie du monde. Être humain ne veut pas dire être en dehors du monde ».

« La nature n’est ni négative ni positive. La nature est. »

Quand, en plein été, le citadin est agacé de ne pas trouver une place où poser son derrière, il se met à rêver d’étendues verdoyantes à perte de vue. « Dans sa bonne vieille ville surpeuplée polluée et tellement familière…»

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« Nous voulons retrouver un sens à notre vie à travers elle, mais la Nature ne nous a jamais aimé. » Pour autant, elle n’est pas en opposition au genre humain. Elle transforme le mental mais surtout le corps de l’héroïne, « parce que la nature est riche ». L’utiliser comme un objet politique serait limiter son étendue.

Tout autant que l’héroïne, on perd pieds dans cette fable, dans cette odyssée dérangeante. Thomas Gilbert, en enchainant mouvements violents et pauses contemplatives, nous rappelle la puissance de la Nature, et notre condition limitée d’être humain.


gilbertSauvageoulasagessedespierresCouv♦ Herbes curieuses
Sauvage ou la sagesse des pierres
Thomas Gilbert
Vide cocagne, 2016, 300 pages

Pour qui ? Les lecteurs qui aiment se faire chahuter.

Je l’offre à qui ? Ton pote qui n’a jamais qu’habité en ville et qui dit, avec un air confiant, je viens m’installer à Plédéliac.

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